Bonsoir,
je partage une vidéo d'une discussion entre Sanlight et Eden Garden. Elle date de 2024 et il me semble quelle est complémentaire aux résultats des essais disponibles sur le blog du site. Une discussion intéressante sur les stratégies de variation de l'intensité lumineuse, le Daylight Cycle, la température et les différences entre les génétiques.
Martin explique que l'objectif n'est pas seulement de maximiser le rendement mais de rechercher le meilleur rapport entre la quantité produite, la qualité du produit, la consommation d'énergie, le moment où l'intensité lumineuse est augmentée. Au fond, quelle stratégie d'intensité lumineuse permet d'obtenir le meilleur résultat avec la consommation électrique la plus faible ? Il cherche notamment à déterminer s'il est pertinent d'utiliser une intensité élevée pendant la phase végétative, s'il faut fournir immédiatement la pleine intensité au début de la floraison ou s'il vaut mieux augmenter progressivement jusqu'à la troisième semaine de flo environ. L'essai ne porte pas juste sur la vitesse de montée et de descente de la lumière au quotidien mais aussi sur la répartition de l'intensité au cours des différentes phases du développement. Il détail son approche des 3 stratégies expérimentales. Il y décrit 3 groupes utilisant les mêmes génétiques : Zombie Bride et Critical répartis sur tables.
Groupe 1- tables 1 et 2 = forte intensité après l'apparition des premières vraies feuilles et ainsi de suite. Il y a eut des pertes, sans grande surprise. Cela a montré qu'un apport trop intense dès les premiers stades n'est pas une bonne stratégie. Sans pour autant mentionner tous les paramètres qui permettraient d'affirmer que la cause est bien ici.
Groupe 2- tables 3 et 4 = progression végétative de 300–400 vers 600–700 µmol/m²/s et 1 100 µmol/m²/s dès le passage en floraison.
Groupe 3- tables 5 et 6 = progression de 300–400 vers environ 700 µmol/m²/s et augmentation progressive jusqu'à 1 100 µmol/m²/s au 21ᵉ jour de floraison.
Donc, à comparaison: Est-ce que l'on obtient un résultat comparable en consommant moins d'énergie là retarder l'augmentation de l'intensité plutôt que de passer très tôt à la puissance maximale ? A ce stade dans la vidéo, il précise qu'ils ne disposent pas encore des résultats. Il ne faut donc pas interpréter cette discussion comme une conclusion expérimentale définitive.
le Daylight Cycle:
le passage le plus intéressant par rapport à mes questions précédentes !
Garden Eden demande à Martin s'ils ont également étudié le Daylight Cycle ? Soit, la variation de l'intensité lumineuse au cours d'une même journée.
Martin répond clairement que non pas dans cet essai. Ajoute qu'ils ont réalisé d'autres essais auparavant et qu'un travail complémentaire doit être effectué. Puis il donne leur compréhension actuelle du système: le Daylight Cycle aurait notamment un intérêt parce que la plante ne transpire pas de manière constante pendant toute la journée.
Selon son explication, la transpiration et l'activité photosynthétique diminueraient vers la fin de la période éclairée. Dans cette situation, continuer à fournir la même intensité lumineuse maximale pourrait représenter une dépense énergétique moins utile. Il évoque alors la possibilité de réduire l'intensité, par exemple vers 50 %, en fin de journée.
Il ne mentionne pas qu'une rampe de 30 min est meilleure qu'une rampe de 60 minutes mais parle plutôt d'une adaptation de l'intensité à l'état physiologique de la plante au cours de la journée.
Autre point technique:
Martin recommande de ne pas simplement supposer que la plante utilise toujours la même quantité de lumière. Il invite à observer la température des feuilles avec
une caméra infrarouge ou un capteur infrarouge adapté. Ajoute que selon leur observation, la température foliaire peut commencer à augmenter après environ 8h de lumière. Son raisonnement est le suivant = La transpiration contribue au refroidissement de la feuille. Une augmentation de la température foliaire pourrait indiquer une baisse de la transpiration.
Là où une diminution de la transpiration pourrait être associée à une diminution de l'activité photosynthétique. Dans ce cas, réduire l'intensité lumineuse pourrait permettre d'éviter de fournir inutilement la même puissance. Mais attention à la formulation !
Le raisonnement se tient comme hypothèse de gestion du climat et de la lumière mais la température foliaire seule ne permet pas automatiquement de conclure que la photosynthèse a diminué. Une feuille peut devenir plus chaude pour plusieurs raisons.
Idéalement, il faut croiser la température foliaire avec d'autres mesures. Martin lui-même présente cette méthode comme nécessitant davantage de savoir-faire et non comme une procédure destinée à tous les débutants.
C'est probablement l'un des passages les plus sérieux de la vidéo parce qu'il reconnaît qu'une stratégie lumineuse véritablement adaptative nécessiterait des observations au lieu d'un simple réglage arbitraire dans l'application. L'échange dérive ensuite vers l'arrosage et la transpiration et estime qu'il est préférable de concentrer davantage l'arrosage dans les premières heures de la journée avec éventuellement un apport léger avant l'allumage et un apport principal après le début de la période lumineuse.
Il précise lui-même qu'il s'agit d'une recommandation fondée sur son expérience et non d'un résultat qu'il affirme avoir démontré scientifiquement.
Il faut distinguer le principe physiologique général : les besoins hydriques varient selon l'activité de la plante et les conditions climatiques,
du protocole horaire précis : il ne peut pas être considéré comme universel sans tenir compte du substrat, du volume racinaire, de l'évapotranspiration et de l'environnement...
ça parle ensuite de t°
Il recommande de temps en temps de réduire l'intensité lumineuse pour les cultivateurs qui ne disposent pas d'un système conséquent/adéquat pour évacuer la chaleur.
Il présente ensuite une opposition entre des températures plus élevées, associées à une croissance et une production de masse plus rapides et des températures plus modérées qu'il associe à une meilleure conservation des composés aromatiques et à une pression moindre de certains ravageurs.
Il avance qu'une différence de 24 °C à 28 °C pourrait entraîner une différence très importante de rendement qu'il mesure à 30–40 %. Il affirme aussi que les terpènes peuvent se perdre à température élevée. Il s'agit ici d'une affirmation issue de son expérience.
La relation entre température, rendement, métabolisme et conservation des composés volatils dépend de nombreux facteurs. On ne peut pas transformer cette phrase en règle générale applicable à toutes les plantes, toutes les variétés et tous les environnements.
Lorsqu'on lui demande si la méthode consistant à réduire l'intensité lumineuse permettrait d'obtenir une meilleure qualité, Martin répond en substance :
réduire la lumière peut diminuer le stress lumineux.
Or il considère qu'un certain stress en fin de cycle peut avoir un intérêt dans son approche (il ne peut pas affirmer que la méthode proposée est parfaite et juge que réduire la température en fin de cycle peut avoir un intérêt sans pouvoir déterminer précisément si cette réduction doit passer par la diminution de la lumière.
Nuance car il ne valide pas automatiquement toutes les stratégies de diminution de la lumière. Il distingue la réduction de température de la réduction de l'intensité lumineuse et reconnaît qu'elles ne produisent pas nécessairement les mêmes effets.
Martin propose une règle générale simplifiée :
commencer à une intensité relativement faible ;
atteindre environ 600 µmol/m²/s au maximum pendant la phase végétative ;
augmenter l'intensité pendant les trois premières semaines de floraison ;
atteindre ensuite l'intensité maximale.
Il présente ça comme une règle pratique simplifiée et non comme la conclusion finale de l'essai en cours.
Il ajoute explicitement que les résultats pourraient encore modifier cette recommandation et envisage même la possibilité qu'ils découvrent qu'il est pertinent d'utiliser la pleine intensité dès le premier jour de floraison. La vidéo montre que SANlight ne présente pas sa règle actuelle comme une vérité immuable mais testent/ciblent si une stratégie différente pourrait être plus efficace...
Y a 3 niveaux dans la vidéo:
le résultat expérimental, ce qui a été mesuré et comparé dans un essai contrôlé.
Le retour d'expérience, l'observation au cours des expérimentations.
Le modèle physiologique, une explication proposée pour comprendre pourquoi une stratégie fonctionnerait, ou pas, ou moins bien.
Belle soirée à vous !
Ps: lien vidéo ci-dessous