Plop le topic ! Je vous propose ci-dessous un de mes (trop) longs commentaires de dégustation, ici consacré à la Tropimango, en espérant qu'il sera utile ou au moins plaisant à parcourir. J'en ferai peut-être une version condensée pour un smoke report mais je crois qu'ils sont limités en caractères. Mes excuses par avance pour la qualité passable des photos, j'ai eu la flemme de sortir mon APN et uniquement utilisé le module photo d'un smartphone pas trop cher.
Contexte :
Rincée et récoltée plus tôt que ses deux sœurs, cette Tropimango, qui n’a eu que quelques semaines de curing lors de la première rédaction de ce commentaire de dégustation, semble déjà être la meilleure des trois.
Pour rappel, la Tropimango est la copie par Philosopher Seeds de la fameuse - et dispendieuse - Somango de Soma Seeds : fruit de l’union entre un papa non moins célèbre Jack Herrer et d’une mère Super Skunk x “Big Skunk Korean” (on n’a jamais vraiment trop su ce qu’était cette strain, présente dans de nombreux croisements du breeder barbu).
Robe :
La cristallisation des feuilles rend peu perceptible le vert des feuilles, qui oscille entre le lime et le prairie. L’orange des pistils est d’un cuivre rendu poussiéreux par l’abondante couche de trichomes. Il paraît que la Somango originale prend souvent des teintes rouges ou violettes en fin de floraison, ça n’est pas du tout le cas ici.
Visuellement, la caractéristique principale de cette variété est l’extrême densité de ses têtes, qui rattrape amplement leur modeste taille, un peu comme la Washing Machine de Ripper, que j’avais aussi chroniquée sur ce site. Malgré un hiver compliqué en intérieur (le chauffage est à présent un luxe), j’ai obtenu des cailloux qui résistent sous la pression des doigts, très fastidieux à effriter sans un bon grinder (ma grind card ne sera pas de trop)
Nez :
À froid, l’odeur de fruit mûr et de terre de ces têtes n’est pas aussi remarquable que leur densité. À noter que l’un des pieds a des effluves presque chocolatées. Après quelques semaines de curing, des notes un peu plus épicées se font sentir.
Quoi qu'il en soit, les Tropimango restent bien plus discrètes - certains diront subtiles - que ce qui émane de mon autre bocal, rempli de Sour Diesel (Sour Ripper, je me fendrai peut-être d’un autre commentaire de dégustation pour l’occasion). Invitée à goûter ces deux variétés, une amie s’est immédiatement décidée pour le bocal de Tropimango. La Sour Diesel est en comparaison bien bourrine et facilement écoeurante.
Palais :
Une fois allumée, la Tropimango délivre des arômes plus francs. Le fruit mûr (peut-être plus papaye que mangue sur ce plan), est mâtiné d’une note plus dark, humide, un peu terreuse, vaguement diesel, rappelant un peu le bon hash et autorisant - une fois n’est pas coutume ! - le mariage heureux de cette herbe avec un café, surtout pour la souche “chocolactée”.
Sur le second pied, on est davantage sur un classique agrume et citrique et chocolat lacté sur le dernier, même si les nuances sont fines. J’alternerai les bouffées de la n°1 avec une eau à la fraise pour la suite de cette dégustation.
Effet :
Pour jauger des effets de cette Tropimango, généreusement dosée mais avec tout de même plus de 50 % de tabac, je fume, comme pour chaque dégustation, le reste du joint devant un épisode de Friends.
Je n’ai pas trouvé de meilleur protocole de test home made pour mesurer l’effet d’une weed que de voir si je ris malgré tout de cette série, que je connais par cœur depuis longtemps. Il s’agit de la saison 6 épisode 21, en vostfr. Cette saison étant probablement l’une des meilleures, il se peut que ça biaise favorablement mon jugement.
Dès la 5ème latte de ce joint, consommé un dimanche matin sans excès la veille pour ne pas fausser le résultat, je sens déjà une sensation caractéristique d’engourdissement de ma mâchoire. On a tous un “truc” qui nous permet, très subjectivement, de détecter si une weed est forte ou pas. Pour moi, c’est ça. Pour un autre pote, c’est sentir son sang pulser aux veines de ses tempes (ce sont ses propres mots). Et vous, quel est le signe que vous guettez ?
À mi-joint la sensation se confirme et se précise. Je parviens à rire de gags que j’anticipe pourtant de plusieurs secondes. Mon amie, qui fume seulement occasionnellement, a reposé son pétard dans le cendrier à environ la moitié, pour ne plus y retoucher.
Je me surprend à divaguer sur la carrière de Bruce Willis qui a récemment pris fin, de ses derniers rôles peu reluisants alors qu’il est présent dans cet épisode à son prime. Je songe au temps qui passe, à la relativité de sa perception. Une bonne vingtaine d’années me séparent de la première diffusion de cette saison 6 de Friends et pourtant c’était comme la semaine dernière.
Bref, je suis défoncé. Pour autant, les 30 % de génétique sativa et le sucre dans mon café me maintiennent bien éveillé.
Une fois le carton écrasé au fond du cendrier, on se sent détendu mais motivé à faire d’autres choses… comme à recommencer : rouler un second joint, relancer un épisode. Ce ne serait pas raisonnable mais cette Tropimango a un goût de reviens-y qui n’est certes pas à mettre au compte de ses défauts.
Conclusion :
Alliant le goût d’une indica à un effet pas trop incapacitant, on a envie de consommer ces petits cailloux verts tout au long de la journée. C’est donc déjà un solide 8/10, qui pourrait voir sa note être relevée d’un demi point si les arômes se précisent au cours du curing (edit : ça n’est hélas pas le cas).
Je ne sais pas ce qu’elle vaut comparée à l’originale Somango, n’hésitez pas à faire vos propres retours si vous avez l’expérience des deux. Ça intéresserait sûrement beaucoup de monde, vu la différence de prix.
