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Juste quelques plants de cannabis...
La jeune femme qui se présente à la barre est en larmes, à bout de forces.
Après une enfance très dure dont on sait simplement qu'elle l'a obligée à fuir sa famille, elle a reconstruit sa vie jusqu'à un nouveau drame, en 2002, quand son mari est décédé d'un accident du travail.
« Un lourd passé de victime », comme le souligne le président Pignoux, remarquable, tout au long de l'audience, de finesse et d'humanité.
La prévenue explique que depuis longtemps, les quelques volutes de cannabis qu'elle s'autorise ont été sa seule bouée de sauvetage. « Il n'y a que ça, au cours de toutes ces années, qui m'ait apaisée ».
Elle avait réussi à reprendre pied : maraîchère, elle donnait des cours aux enfants, à l'école de la petite commune où elle vit. Mais au cours de l'été 2009, tout, une fois de plus, a basculé.
Un couple de voisins s'est introduit dans sa propriété, prétextant être à la recherche d'un chien, et a découvert la petite serre qui abritait ses plants de cannabis. Ils ont aussitôt prévenu la gendarmerie. « Un acte la délation », tranche le président Pignoux, visiblement outré.
Très vite, les langues, autour, se sont vite déliées, la jeune femme a été mise au ban de la commune, et le contrat avec l'école a été rompu.
Une catastrophe pour elle qui pensait enfin avoir trouvé son équilibre. Tout ça pour quoi ? Pour quelques plants de cannabis, pour quelques cigarettes illicites à usage privé, pour quelques brins d'herbe utilisés afin de calmer sa douleur. Parce que des gens à cheval sur la morale ont joué les citoyens modèles.
Que lui a-t-on conseillé pour remplacer le cannabis ? Du subbutex et des antidépresseurs.
« Vous ne croyez pas que c'est plus dangereux ? ». La question n'est certes pas politiquement correcte mais personne, dans la salle d'audience, ne s'en offusque. Même pas le substitut du procureur, lui aussi très digne, qui requiert intelligemment une simple peine d'amende. Puisqu'il faut bien requérir, le cannabis étant illégal. Et puisque c'est son rôle.
« C'est quelqu'un qu'il faut aider, pas pointer du doigt ni condamner » résume son avocate. Au final, la prévenue en sera quitte pour un stage de sensibilisation aux dangers des stupéfiants...
Stéphane Marmaim
source [lamontagne.fr]
La jeune femme qui se présente à la barre est en larmes, à bout de forces.
Après une enfance très dure dont on sait simplement qu'elle l'a obligée à fuir sa famille, elle a reconstruit sa vie jusqu'à un nouveau drame, en 2002, quand son mari est décédé d'un accident du travail.
« Un lourd passé de victime », comme le souligne le président Pignoux, remarquable, tout au long de l'audience, de finesse et d'humanité.
La prévenue explique que depuis longtemps, les quelques volutes de cannabis qu'elle s'autorise ont été sa seule bouée de sauvetage. « Il n'y a que ça, au cours de toutes ces années, qui m'ait apaisée ».
Elle avait réussi à reprendre pied : maraîchère, elle donnait des cours aux enfants, à l'école de la petite commune où elle vit. Mais au cours de l'été 2009, tout, une fois de plus, a basculé.
Un couple de voisins s'est introduit dans sa propriété, prétextant être à la recherche d'un chien, et a découvert la petite serre qui abritait ses plants de cannabis. Ils ont aussitôt prévenu la gendarmerie. « Un acte la délation », tranche le président Pignoux, visiblement outré.
Très vite, les langues, autour, se sont vite déliées, la jeune femme a été mise au ban de la commune, et le contrat avec l'école a été rompu.
Une catastrophe pour elle qui pensait enfin avoir trouvé son équilibre. Tout ça pour quoi ? Pour quelques plants de cannabis, pour quelques cigarettes illicites à usage privé, pour quelques brins d'herbe utilisés afin de calmer sa douleur. Parce que des gens à cheval sur la morale ont joué les citoyens modèles.
Que lui a-t-on conseillé pour remplacer le cannabis ? Du subbutex et des antidépresseurs.
« Vous ne croyez pas que c'est plus dangereux ? ». La question n'est certes pas politiquement correcte mais personne, dans la salle d'audience, ne s'en offusque. Même pas le substitut du procureur, lui aussi très digne, qui requiert intelligemment une simple peine d'amende. Puisqu'il faut bien requérir, le cannabis étant illégal. Et puisque c'est son rôle.
« C'est quelqu'un qu'il faut aider, pas pointer du doigt ni condamner » résume son avocate. Au final, la prévenue en sera quitte pour un stage de sensibilisation aux dangers des stupéfiants...
Stéphane Marmaim
source [lamontagne.fr]