Discours antiprohibitionniste
tribune
à l’adresse des hommes de bonnes volontés
Publié le 3 juin 2009
(à l’origine, projet de discours pour Conférence à Vienne, en mars 2008)
Mesdames, messieurs,
Depuis plus de vingt-cinq que je m’intéresse, que je milite et que je combats, en parole, par écrit ou par tout autre moyen, dans le but d’en finir avec la prohibition des drogues, souvent j’ai dû répondre à une interpellation pleine de bon sens. Une interrogation qui serait censée me mettre en difficulté, alors qu’elle me permet de répondre à l’ensemble de la question en la présentant sous un tout autre angle. Ce qui m’autorise à revenir au débat fondamental qui devrait être l’essentiel de la question.
Pour l’heure, c’est cette question que l’on entend le plus souvent, avec l’avantage de faire diversion et d’esquiver et d’éluder le fond du débat, au lieu de se résigner à n’aborder que sa superficialité :
« Vous, qui défendez les fumeurs de joints, ne pensez-vous pas, aujourd’hui, qu’il y bien plus important, que de défendre le droit à la “fumette” ? » Ou autrement dit : n’y a-t-il pas des affaires plus urgences à résoudre dans le monde que de se battre juste pour avoir le droit de fumer des pétards en toute liberté ? A cette question ainsi posée, un prétendu bon sens, imposerait de répondre oui. Il y a tellement de choses qui vont mal dans ce monde et de questions bien plus graves. Seulement, ce serait répondre à la question qu’en s’attachant à sa superficialité.
A vrai dire, je dois l’avouer, j’aime bien que l’on me pose cette question, car bien loin de me poser un quelconque problème, elle me permet d’y répondre de manière à bousculer l’avis et la pensée de mon interlocuteur. Et voilà, celui qui croyait me piéger de la sorte se voit contrait d’opiner et de suivre le raisonnement que je lui démontre devant ces yeux.
Une interrogation que se pose beaucoup de monde et qui montre à quel point la prohibition, et le combat qui est nécessaire pour en finir, n’est pas quelque chose de clairement définie par la majorité des citoyens, même chez ceux qui sont en faveur d’une légalisation du cannabis. C’est que les raisons de combattre la prohibition ne sont pas encore entrées dans les consciences, car elles sont rarement exposées clairement, alors qu’elles démontrent que pas une seule notion véhiculée par la prohibition n’est exacte. La prohibition n’est qu’un mensonge dont la construction est basée sur une encore plus grande quantité de mensonges.
C’est ce que nous allons essayer de vous démontrer dans les propos qui suivent.
La prohibition n’a jamais rien empêché
La première chose que je fais remarquer à mon interlocuteur, le fait de se battre juste pour avoir le droit de fumer des joints, c’est un peu dérisoire, du moment où, à ma connaissance, tous ceux qui, aujourd’hui, veulent fumer des joints peuvent le faire. En réalité, rien ne les empêche. Au contraire le marché clandestin dispose d’une grande plage horaire pour acheter son teusch — ou d’autres drogues —, qui est bien plus étendu que tout autre commerce. Ainsi, le marché clandestin est disponible à presque tout heure, 365 jours par an dans toutes les villes de petites, moyennes et de grandes tailles. Malgré toute la répression policière, elle est complètement inopérante pour empêcher ou stopper définitivement ce petit commerce. Tout le monde, en France, serait avec sa voiture à moins de trente minutes d’un lieu de commerce clandestin. En ce début de vingt-et-unième siècle, il est désormais incontestable que ce n’est pas l’interdiction — la prohibition — qui n’a jamais empêché quelqu’un de fumer : ce serait plutôt le contraire. En vérité, c’est avant tout la morale que chacun va se forger sur la question des drogues qui sera déterminant, en fonction de la propagande reçue. Car, en dehors d’endroit particulièrement surveillé, on peut fumer à peu près partout, même, nous dit-on, à la mairie du IIe arrondissement, si l’on croit les propos récents et publics du maire de Paris. D’ailleurs, ne peut-on pas fumer autant, et même des fois plus, en prison qu’à l’extérieur ? Sans aucun doute ! Ce qui est valable pour toutes sortes d’autres produits prohibés. Voilà d’ailleurs un excellent exemple qui montre l’absurdité du système prohibitionniste et qui nous prouve une fois de plus l’échec total de toute politique prohibitionniste. Surtout, c’est dire à quel point cette question posée de cette manière est de peu d’intérêt, car elle est toujours victime de la pensée prohibitionniste. Disons-le clairement et répétons-le autant de fois que nécessaire : la question n’est pas là et le combat n’est pas là, car juste vouloir fumer des joints en paix, sans craindre de voir surgir la police, ce n’est pas lutter contre la prohibition. Effectivement, se battre seulement pour ce droit, devant toutes les choses graves qui se passent dans le monde, le droit de fumer des joints peut sembler complètement déplacé ou plutôt dérisoire. Si la question était là, ce serait peut-être possible, tout serait possible...
La prohibition modèle la pensée par la sémantique
Seulement la question n’est pas là ! En fait, profitons de cette tribune pour dire les choses comme elles sont et comme elles devraient être dites. Un travail nécessaire, important, fondamental, car la prohibition fait tout pour que les gens ordinaires se posent les mauvaises questions, ce qui aboutit évidemment à de mauvaises réponses et donc à des incompréhensions.
D’ailleurs, la prohibition est passée maître dans l’art de la sémantique, pour dire et interdire les choses et faire le contraire de ce qu’elle prône avec force propagande. Un discours qui se formule toujours sur un double discours contradictoire, dont les injonctions sont incompatibles les unes avec les autres, et que la plupart des citoyens ne perçoivent pas consciemment. Cette méthode de domination mentale touche directement l’inconscient, au point de laisser les gens dans une situation mentale qui permet de mieux les manipuler, et de les faire adhérer à cette idéologie qui va à l’encontre de leurs convictions profondes. Cette manipulation mentale peut alors se passer sans traumatisme, afin de faire adhérer chacun, volontairement — surtout les plus jeunes —, à cette politique aussi pathogène que mortifère. Enfin, les encourager à approuver cette volonté répressive constamment affirmée, non sur le mal en soi, mais sur tous ceux qui la subissent en pleine face. La prohibition martyrise ainsi ses victimes !
Une méthode ancienne qui nous ramène à la bonne vieille technique du bouc émissaire, responsable désigné de tout ce qui ne va pas. Ainsi, au lieu de demander l’arrestation et la condamnation des véritables trafiquants de drogues, et des réseaux financiers qui vont avec, ils veulent surtout que l’on fasse en priorité la chasse à tout ce qui ressemble à un “drogué” et aux petits “dealers” qui se payent ainsi leur propre consommation, car ils en subissent indirectement les conséquences. Nous ne pouvons donc pas les blâmer. Au contraire, nous devons les faire réfléchir à toute la problématique prohibitionniste, pour les convaincre que c’est la prohibition qu’il faut blâmer, pas les jeunes.
Une telle manière d’agir, permet de propager avec la plus grande facilité un discours de propagande permanente, qui examiné seulement de manière sommaire et partielle, peut sembler tenir la route. De fait, ce n’est qu’une illusion d’optique ou un effet hallucinatoire !
C’est le cas, lorsque l’on justifie la prohibition des drogues et particulièrement celle du cannabis sous l’angle de la santé publique. D’abord, cela repose sur une énorme hypocrisie : la prohibition accroît fortement la dangerosité des produits interdits. Ensuite, on ne peut que constater dans d’autres scandales de santé publique (sida, hépatites, ESB, hormone de croissances, anabolisants, amiante, pesticides, essence au plomb et bientôt OGM et tant d’autres encore) que la santé est toujours le parent pauvre des politiques publiques. Enfin, insistons dessus, c’est une mauvaise manière d’aborder le débat, une manière fallacieuse imposé par les prohibitionnistes et dans lequel on peut vite se laisser enfermer. Ainsi, même si le cannabis était réellement dangereux, ce qui n’est pas du tout le cas, la question ne serait pas là, et ne sera jamais là. Dans ce cas, il serait encore plus nécessaire de mettre fin à sa prohibition, car les conséquences seraient tout autres, comme on peut le voir avec les opiacés qui sont bien plus dangereux lorsqu’ils sont interdits, aussi bien pour les consommateurs que pour la société toute entière.
Malheureusement, nous ne pouvons que constater que de nombreuses personnes qui s’affirment des antiprohibitionnistes ne le sont pas vraiment — ou pas du tout — car ils se laissent toujours piéger dans ce genre de débat stérile. A regret, je dois dire qu’ils n’ont pas vraiment compris l’essence de la prohibition : la prohibition est d’abord un système politique, un système politique redoutable et malsain. Un système qui place la criminalité au cœur du fonctionnement politique pour mieux le pervertir.
La mafia actuelle a été engendrée par la prohibition
La prohibition, c’est une manière d’offrir sur un plateau d’argent le monopole du commerce de certains produits à des réseaux clandestins, et les revenus de ceux-ci, comme une sorte d’impôt clandestin au profit des mafias. De sorte que des produits plus ou moins dangereux pour la santé ou pour la société, se retrouvent de fait directement sur le marché noir, ce qui va largement contribuer à la grave expansion du crime organisé et donner naissance à une nouvelle criminalité qui a eu tôt fait de se développer dessus et de prendre son envol.
La prohibition va engendrer cette nouvelle criminalité que l’on appelle désormais mafia, et qui s’est répandu aux quatre coins de la planète. Par une puissance acquise facilement grâce aux bénéfices exorbitants du trafic, toutes ses organisations vont se développer en puissantes mafias. Désormais, par le trafic international de drogues, et donc grâce à la prohibition, les mafias vont avoir droit de cité, et même se mettre en scène au cinéma. Depuis une quarantaine d’années, ces mafias ont pris un essor planétaire pour s’installer au sommet des Etats, de très nombreux Etats démocratiques ou non. Une entreprise qui s’est faite le plus souvent par l’intermédiaire et avec la collusion des partis politiques qui votent les lois et qui vont largement profiter de ce financement occulte et de ces mœurs de voyous.
La mafia qui n’était à l’origine qu’un folklore de domination local, comme dans le sud de l’Italie, a été évincée aux profits de grandes mafias concurrentes, issues du crime organisé et du trafic de drogues. Elles sont devenues de gigantesques organisations internationales, dominées, contrôlées et mise au pas, par la véritable mafia contemporaine, celle des cols blancs. Cette mafia planétaire est à l’image de ce que fut la loge P2 en Italie, qui n’a d’ailleurs jamais réellement disparu. Aujourd’hui, désormais, elle est constituée de responsables politiques, financiers ou policiers de premiers plans, avec une large contribution de la part de l’armée, de la diplomatie et des services secrets. C’est cette mafia planétaire de gens au-dessus de tout soupçon qui dominent et contrôle le trafic international de drogues, alors qu’ils laissent aux organisations criminelles — et se déchargent dessus — la responsabilité de faire le sale boulot. Ce n’est pas le milieu qui contrôle les politiques, mais bien le contraire. Ils ne sont que des pions que, si nécessaire, l’on laisse s’entre-tuer, dont on peut saisir les biens ou mettre en prison lorsqu’ils ont des velléités de tirer profit de leur pouvoir. Ils travaillent au profit exclusif de ces quelques hommes très puissants qui en tirent bénéfices, pour s’enrichir, faire fonctionner la démocratie, qui est de plus en plus moribonde avec un tel fonctionnement mafieux, ou bien si nécessaire, faire peur aux populations pour tout simplement pour se faire élire...
D’ailleurs, plus les enjeux financiers sont importants et plus ce système morbide se développe et avale tout sur son passage. La prohibition a vampirisé la société. C’est comme un cancer qui développe ses métastases tout au long d’un corps sain : la prohibition a développé les siennes à tous les échelons de la société.
Rare sont ceux qui ont réellement pris conscience de l’ampleur de la prohibition et de ses conséquences. Des conséquences qui sont toutes délétères pour l’ensemble de la société, pour l’Humanité en général, ainsi que sur la santé publique et individuelle — sida, hépatites, septicémies, etc. —, les prétendues objectifs de la prohibition. Des conséquences telles que si toute la société devait en prendre réellement conscience, ce jour-là, je peux vous dire que la prohibition s’écroulera d’elle-même. La prohibition est monstre fragile qui ne tient que par un consensus artificiels qui est véhiculé par une propagande forcenée et omniprésente.
Pourtant, devant le plus invraisemblable scandale du vingtième siècle, et qui continue au vingt-et-unième siècle, les populations informées ne pourront plus dire, on ne savait pas, alors que les prohibitionnistes veulent perpétuer un système qui roule pour eux, mais en bien pire, en créant cette société ultra-sécurisée qui se fait sous nos yeux, qui se développe tous les jours où nous seront tous surveillés, nous serons tous sous contrôle, et ce sera pour notre bien ! Ce qui n’est pas la moindre des conséquences de la prohibition : celle d’avoir créé ce sentiment d’insécurité permanente, qui donne au citoyen ce reflex pavlovien de voter pour les perpétuels démagos qui vivent sur le commerce de l’insécurité, politiquement et financièrement, et qui sont les premiers défenseurs acharnés de la prohibition, car ils en profitent toujours soit directement soit indirectement. Les prohibitionnistes qui n’en profitent pas sont soit des très grands naïfs, soit ils ne peuvent que changer d’avis et condamner radicalement la prohibition.
La prohibition est devenue un monstre incontrôlable qui génère chaque année des milliards et de milliards de dollars. Par contre, je ne donnerais pas un chiffre, car il n’est pas possible de donner un chiffre précis dans un commerce complètement clandestin, et ne devrait être exprimé que dans des fourchettes estimées, ce qui n’est jamais le cas. Pas plus qu’il ne faut analyser les profits seulement aux bénéfices de quelques-uns, d’autant qu’ils ne se font pas à un seul niveau, au contraire, ils se font sur trois niveaux très différents.
D’abord, au premier niveau, celui de la vente directe ou indirecte aux consommateurs, où les bénéfices sont faibles, et lorsqu’ils existent, ils sont directement réinvestis dans la consommation de drogues ou autrement ils sont dépensés dans le petit commerce local.
Au second niveau, l’argent recueilli est investi dans un réseau informel entre le légal et l’illégal, tel que le financement de petits commerces qui est une formule de blanchiment efficace et accessible par ceux qui travaillent à ce niveau, ou alors ils se font de plus en plus dans la vente ou la production de contrefaçons. La prohibition est la cause première de l’explosion des contrefaçons.
Enfin au troisième niveau, qui n’est disponible qu’à ceux d’en-haut, les “puissants” qui sont introduits dans tout le système politique, institutionnel et de production, de telle sorte que la plus grosse quantité d’argent sale vient s’investir dans toute l’économie légale par des systèmes de blanchiment d’argent très sophistiqué, comprenant banques, institutions financières et paradis fiscaux. Pour finir, ils sont réinvestis dans le capital de très grandes entreprises, et à cause du volume d’argent en question, incite à la concentration industrielle, au détriment de la production, et au profit exclusif du capitalisme financier. Les 15 à 20 % de rendements demandés aux grandes entreprises sur leurs actions sont la conséquence indirecte du système de blanchiment de la gigantesque manne financière qui est fournie par le trafic international de drogues. Un système qui est fait exclusivement au profit de cette grande mafia planétaire, qui s’en nourrit et qui détient en fait la plupart des manettes institutionnelles.
La prohibition est une gigantesque imposture
C’est de cette manière que la plus grande partie des revenus illégaux du trafic de drogues viennent s’investir dans l’économie réelle. Et, c’est ce processus qui a été le moteur principal de ce que l’on appelle aujourd’hui et de manière mensongère, la « mondialisation ». Un surplus massif de capitaux qu’il s’agissait d’investir dans des secteurs de plus en plus larges de l’économie, et qui demande pour mieux se cacher une concentration accrue des entreprises — devenues dès lors des transnationales — car ils ont besoin d’un volume proportionnellement toujours plus important d’argent « propre », en fonction des sommes croissantes à blanchir, et de la sorte, dissimuler les profits illégaux. Ils sont passés d’abord par des circuits financiers très complexes, dont les chambres de compensation, comme Clearstream sont devenus la clé de voûte du système. En quelques dizaines d’années l’économie légale a fait place à une économie complètement mafieuse, dont on voit tous les jours, et à regret, les résultats catastrophiques, pour les hommes, le tissu économique et social des pays industrialisés ou pour les institutions de toutes les nations, qu’elles soient démocratiques ou non. C’est aussi à cette fin, pour les besoins de ces capitaux en surnombre, qu’il a été instauré de nouvelle règle, comme la dérégulation boursière et des capitaux, avec toutes les conséquences économiques qui s’en sont suivies. Depuis plus quarante ans que la prohibition fonctionne à pleins rendements, dans à peu près tous les recoins de la planète, les sommes engrangées de la sorte, et qui se sont investies en part inégales dans l’économie légale, grise et illégale, sont incalculables. En revanche, la quantité de capitaux ainsi générée est devenue considérable, en fonction des trois niveaux de profit vu ci-dessus. Dans ces trois cas de figure, le blanchiment se fait différemment, car surtout, la vraie manne financière du trafic de drogues, c’est celle qui s’accumule au troisième niveau. Celle qui est investie indirectement dans l’économie légale des entreprises les plus grosses et les plus performantes, et qui sont désormais sous le contrôle de grands capitaines d’industrie, qui privilégie uniquement la rentabilité. C’est tout un système politique et industriel qui bénéficie directement ou indirectement des profits ainsi blanchis. Certains, à la tête de gigantesques fortunes, sont devenus aujourd’hui nos nouveaux féodaux — et peut-être bientôt nos nouveaux fermiers généraux — dont on vante les exploits à longueur de presse.
La prohibition est une gigantesque imposture, de n’importe quel côté que l’on prenne le problème ou que l’on tourne autour. Une supercherie si énorme qu’elle fait croire à tous, que ce que l’on appelle désormais les Etats narco-trafiquants, sont seulement de petits pays du tiers-monde. La réalité, c’est que les vrais enjeux financiers se font d’abord dans les pays les plus riches et industrialisés, là où arrivent les capitaux blanchis avant investissement. Ce sont les pays occidentaux qui sont les véritables bénéficiaires de ce trafic et qui sont de fait les premiers pays narco-trafiquants.
Le problème, c’est que l’on se retrouve confronté à des chiffres, qui ne sont jamais vérifiés, et donc jamais vérités, mais le plus souvent d’énormes mensonges, car les chiffres en circulation sont presque toujours les chiffres fournis par les prohibitionnistes eux-mêmes. Des chiffres forcément douteux et systématiquement très largement sous estimés, aussi bien au niveau de la production mondiale de drogues, que sur la consommation mondiale. Il faut dire que chaque pays peut raconter ce qu’il veut sur la situation chez lui. Rien n’est vérifié, et d’ailleurs, comment vérifier des données qui sont par natures clandestines ? La vérité sur les chiffres : ce n’est qu’un secret de polichinelle. En général, il suffit de comparer les chiffres les uns avec les autres pour en percevoir tout de suite les invraisemblances et les contradictions. Une vision tronquée qui est d’autant plus facile à maintenir que les données sont invérifiables et que l’essentiel des données existantes ne font que révéler l’activité — ou la passivité — des forces de l’ordre.
L’héroïne au centre de la prohibition moderne
Ce constat repose sur le point central de la prohibition moderne : c’est sur celui-ci que fonctionne toute la prohibition moderne. Une vérité que l’on ne veut pas voir, car elle est largement dissimulée, alors que c’est ce produit, le plus diabolisé, qui rapporte le plus gros, aussi bien par le chiffre d’affaire globale que par les bénéfices qui sont les plus mirobolants de tous, devant toutes les autres drogues confondues : c’est-à-dire l’héroïne. C’est le principe pervers du système qui s’applique sur le fonctionnement même du marché clandestin, de sorte qu’une proportion non négligeable de consommateurs de cannabis, cocaïne ou autre ecstasy, dérivent jusqu’à la consommation d’héroïne. Une situation qui n’a rien à voir avec le mythe de l’escalade, mais qui est obtenu uniquement par les mécanismes du marché, qui eux sont gérés par l’action politique et policière, qui, bien trop souvent, privilégient la chasse aux consommateurs de joints, plutôt que la poursuite des dealers d’héroïne et encore moins envers les véritables trafiquants de drogues. A moins que certains parmi ces derniers gênent d’autres intérêts, dès lors ils sont livrés en pâture aux forces de l’ordre, de manière impitoyable.
L’héroïne, c’est cette drogue emblématique, qui crée plus ou moins vite une forte dépendance, essentiellement chez les plus jeunes, et dès lors les asservit dans une consommation qu’il est difficile d’arrêter sur un simple claquement de doigt. Les consommateurs deviennent captifs. En conséquence, cela rapporte gros, très gros.
Le business de l’héroïne est la plus formidable ressource de la prohibition, car les bénéfices sur investissements sont ceux qui sont les plus conséquents, et les avantages politiques que l’on peut en tirer sont des plus pervers. C’est que les conséquences négatives de la consommation d’héroïne, fait en cachette et à la sauvette, se transforme très vite est en un désastre social et humain, dès lors que ce produit aux deux facettes, entre le plaisir absolu et la déchéance complète, tombe dans la clandestinité. Ainsi, les résultats négatifs sont directement visibles par les populations défavorisés des banlieues, au point d’en ressentir un danger, ce qui est à même de les exaspérer, de sorte à les faire voter massivement dans le sens de la répression, et bien entendu, pour les plus extrémistes politiquement, et donc au final pour tous les prohibitionnistes qui en exigent toujours plus. Un système redoutable par son efficacité...
Dans ce contexte, ce n’est pas pour rien que 36 ou 37 pays maintiennent leurs troupes actuellement en Afghanistan. Ils perpétuent de la sorte une guerre dont on ne voit pas en venir la fin, hormis dans une défaite des puissances occidentales face aux islamistes, ce qui n’est guère réjouissant. La guerre d’Afghanistan, ce n’est point la « guerre contre le terrorisme » comme la propagande le prétend, mais c’est un conflit de plus dans la « guerre à la drogue ». Cette guerre a été notamment déclenchée pour détenir ou contrôler les parts de marché chez l’un des plus gros producteurs d’héroïne dans le monde. D’ailleurs la « guerre contre le terrorisme » est directement calquée sur la « guerre à la drogue » qui en est le véritable modèle. Ce sont les mêmes schémas de construction intellectuelle falsifiée, avec une sémantique perverse et du même acabit, avec un ennemi qui est à la fois autant indéfinissable qu’insaisissable.
La prohibition est un fléau qui se nourrit de ses échecs
Alors, quand la prohibition nous parle du « fléau » des drogues, pour justifier sa politique, celui-ci n’est rien face à ce que représente le fléau de la prohibition dans le monde. La prohibition est un système sans fin, qui ne peut jamais s’arrêter dans sa course folle, et qui a chaque échec prévisible de sa politique, a toujours le même remède : prétendre à chaque fois que l’on est pas allé assez loin dans la politique de prohibition. Ensuite, il suffit d’expliquer que pour cette raison que cette politique a échoué, et que si l’on veut réussir, il faut encore aller plus loin, et à cette fin, il ne faut pas hésiter à donner un coup de vis supplémentaire. La prohibition fonctionne comme une vis sans fin, qui embarque toute la société dans cette dérive paranoïaque. Alors, un constat : la prohibition s’est exportée partout sur notre bonne vieille planète. Et le constat qui suit est général, il ne s’arrête pas aux frontières d’un pays ou d’un continent. Il correspond à la situation du monde aujourd’hui, car la prohibition a participé à la montée en puissance du crime organisé, puis en définitive à la constitution de gigantesques mafias, de mafias sous le contrôle du pouvoir politique. Ainsi, la prohibition a accru la criminalité en général, a généré une petite délinquance agressive et violente, a engorgé la justice, puis a remplit les prisons, un peu partout dans le monde, a favorisé la corruption du pouvoir politique, du pouvoir judiciaire, du pouvoir dévolu aux forces de l’ordre et des douanes, tout autant que cela a perverti le pouvoir économique qui, avec plus d’une quarantaine d’années de prohibition à plein régime, a investit dans les principaux secteurs de l’économie.
La prohibition est coupable de tous ces crimes
- La prohibition sert ou a servi à organiser ou favoriser, sur toute la planète, dans des régimes démocratiques ou non, et depuis plusieurs décennies, des élections truquées, des putschs militaires, des coups d’Etats ; puis, a aussi permis la mise en place d’Etats dictatoriaux, de régimes corrompus, de fausses démocraties qui n’en portent souvent que le nom, ou encore, à la dérive des services secrets des Etats occidentaux et de bien d’autres, à la participation active de la diplomatie, des militaires, de policiers, de douaniers, de juges ou d’hommes politiques au trafic international de drogues ; ce sont des schémas de fonctionnement que l’on retrouve dans un à peu près tous les pays du monde ; d’ailleurs, la liste de tous ces responsables, qu’ils soient chefs d’Etat, ministres, généraux, chef des services secrets ou de la police, qui ont été convaincu ou ont été suspectés de trafic de drogues dans ces quarante dernières années, mériteraient d’être réalisées ; une liste si longue que l’on a déjà d’avance, de quoi avoir le tournis.
- La prohibition de plus, permet ou a permis, de financer des rebellions, des guerres civiles, le terrorisme international, qu’il soit indépendantiste comme en Corse, au Pays Basque ou en Irlande du Nord, ou qu’il sème la terreur sur la planète au nom de l’islam ou de tout autre fondamentalisme ; en plus, cela permet ou a permis de financer de nombreuses guerres entre nations qui perdurent des années, du moment où l’argent ne manque pas ; la prohibition est devenu le premier facteur d’instabilité sur la planète, et elle s’oppose ainsi à la paix dans le monde et ne garanti pas, bien au contraire, un monde plus sûr à nos enfants.
- La prohibition permet le développement et la prospérité du commerce d’armes, qu’il soit légal ou illégal, au point que celui-ci serait bien à la peine sans les revenus illimités du trafic de drogues ; en outre, de favoriser ce commerce à grande échelle et son explosion à tous les pays du monde, mêmes les plus déshérités, avec la vente ou le troc d’armes de toutes sortes et de tout calibre, jusqu’aux plus lourds des matériels de guerres, tels que les avions de chasses, les sous-marins ou les missiles balistiques ; et peut être même du matériel radioactif apte à faire une bombe sale.
- La prohibition, c’est aussi une captation parallèle des richesses, une sorte d’impôt mafieux qui drainent les richesses des plus petits vers les poches de quelques grands prédateurs planétaires qui ont toutes raisons de s’accrocher à leur joujou qui leur amène pouvoir politique et financier ;
- La prohibition a contribué à la concentration de l’économie, à la dérégulation boursière, puis a accompagné et a été même le modèle de ce que l’on appelle désormais la « mondialisation », qui est une concentration inédite dans l’histoire du monde avec l’apparition de transnationales privées qui veulent dicter leurs lois de la jungle aux Etats, alors qu’ils sont pilotés par une part de plus en plus importante de fonds issus indirectement du trafic de drogues ; au bout du compte cela a constitué un système financier opaque, qui a évolué en fonction de législations ad hoc, pour aboutir aux chambres de compensation du type Clearstream, ou bien aux paradis fiscaux, que l’on maintient en place, vent debout contre les différentes tempêtes médiatiques ou parlementaires, et donc en dépit de tout logique.
- La prohibition contribue énormément à la spéculation immobilière, au bétonnage des côtes, ou aux incendies de forêts, qui sont la conséquence directe de la poussée spéculatives dans toutes les zones touristiques, comme l’avait si bien démontré en 1990, Haroun Tazieff ; elle contribue très largement à la production massive de contrefaçons, qui permet à des capitaux qui ne peuvent transiter directement par les banques, de se blanchir dans un commerce qui est à la fois lucratif et bien moins risqué pénalement.
- La prohibition favorise le développement de nombreuses sectes, dont les plus dangereuses, comme la Scientologie, qui recrute beaucoup dans le milieu des consommateurs ou anciens consommateurs de drogues, qu’ils considèrent comme des être faibles et manipulables, pour s’en servir comme de nouveaux esclaves modernes ; ou bien ce sont des jeunes maghrébins qui sont dépendants à l’héroïne et qui sont recrutés par des imans, qui leur tendent la main, pour venir en religion, en échange d’arrêter leur consommation de drogues ; ceux-ci sont alors souvent utilisés pour rapporter de l’argent avec leurs anciennes activités délictueuses, mais qui se fait cette fois au nom de Dieu ou ils servent de proie dans le recrutement de nouveaux terroristes.
- La prohibition permet de financer en toute discrétion de nombreux attentats ciblés, des assassinats d’opposants, des empoisonnements, accidents ou autre « suicides », sans que cela n’apparaisse jamais dans le budget des Etats ou des services spéciaux.
- La prohibition favorise les drogues les plus dangereuses au détriment des drogues plus anodines, avec la diffusion massive d’héroïne ; à cause de cette consommation illégale et de son coût, celle-ci devient vite problématique, ce qui oblige le plus souvent à dealer, à voler, que ce soit ses proches ou dans les magasins, à organiser des cambriolages, ou encore, à se prostituer pour se payer sa consommation journalière ; ainsi se développe une petite criminalité qui se greffe dessus et cette petite délinquance est ressentie directement, de manière si sensible, et à juste titre, dans les cités et autres lieux à forte consommation de drogues ; une petite délinquance qui crée rapidement un sentiment d’insécurité très propice pour répandre des politiques sécuritaires, racistes, et anti-immigrés ; en bref, il s’agit de convaincre l’électeur de voter aveuglément pour tous ceux qui promettent de poursuivre l’investissement dans la répression.
- La prohibition est aussi un moyen d’asservissement ; de nombreux réseaux de prostitution ne fonctionnent que par la dépendance des filles à l’héroïne, où cette habitude est imposée de gré ou de force ; puis, il s’agit de pas oublier les conséquences sanitaires du marché clandestin : ces produits ne sont plus ni suivis, ni surveillés, ce qui permet toutes les arnaques sur la qualité et la quantité des drogues proposées, ce qui abouti souvent à des produits soit falsifiés, soit dangereux ; ce qui a comme conséquence directe l’aggravation des problèmes sanitaires et de santé chez un grand nombres de consommateurs et sur leur environnement ; ce qui va à l’opposé des objectifs que la prohibition est censée atteindre.
- La prohibition est ainsi responsable du sentiment d’insécurité qui règne dans nos villes et nos banlieues ; des quartiers entiers qui sont devenus avec force propagande des « zones de non-droit », et qui désormais fonctionnent très largement sur cette économie illégale ; ainsi, la prohibition permet d’atténuer les conséquences de la crise économique car elle permet d’assurer des revenus substantiels et rapide, et de détenir de la sorte du pouvoir dans la cité, ce qui renforce les mécanismes pervers de la prohibition ; dans ce système, le cannabis fait surtout office de cache-sexe à ce business souterrain ; notamment en favorisant la diffusion de l’héroïne, notamment par une attitude stupide et démagogique des autorités, qui se focalise principalement sur la répression des fumeurs de joints.
- La prohibition permet une remise en cause régulière de la jeunesse, de ses rites et modes de vie ; de sorte qu’elle peut être stigmatisée, suivant son origine sociale et ethnique, comme une bande d’incapables, qui n’est pas capable de se lever tôt, pour faire un travail de merde avec un salaire de misère, alors qu’un seul jour de deal permet de gagner ce qu’un ouvrier récolte en un mois de travail ; de telle sorte qu’il est normal d’assimiler une grande partie de la jeunesse à un groupe de fainéant, de bons à rien ou de drogués ; c’est ce qui autorise les nombreuses tentatives de reprises en main de la jeunesse et par le retour aux bonnes vieilles méthode d’autrefois ; enfin cela participe à une trahison des principes éducatifs, par le rôle de propagande que joue l’école, avec ses aspects négatifs, qui veut que plus ils sont jeunes et plus ils sont (des)-informés des dangers des drogues et plus cela stimulent leur future consommation ; cela aboutit à un enseignement de plus en plus propagandiste, qui trahit la confiance des parents d’élèves qui font encore confiance au système éducatif.
- La prohibition aboutit aussi, un peu partout, au non respect de la loi ; avec la transgression systématique des lois prohibitionnistes, la loi a grandement perdu de sa valeur morale, de sorte que de trop nombreuses personnes ne donnent plus qu’une valeur relative à la loi, et ne considère plus les forces de l’ordre, qui ont tendance de plus en plus à se durcir partout, juste comme un ennemi à combattre ; surtout la prohibition a été le champ d’expérimentation de l’abus de loi et du système de loi qui se surajoute à la loi, comme dans un château de carte, où les plus malins se sortent sans dommage de ce maquis juridique, pendant que les autres remplissent les prisons ; depuis, c’est devenu un modèle qui a contribué à l’inflation de loi, telle que les lois qui naissent à l’occasion de chaque fait divers, ou comme c’est devenu le cas, par exemple, avec les lois sur l’immigration, la sécurité ou le terrorisme.
- La prohibition, plus spécifiquement aux Etats-Unis, s’est substituée progressivement à la ségrégation raciale, où la communauté noire — ainsi que les hispaniques et les pauvres — est très largement surreprésentée parmi les plus de deux millions de personnes qui remplissent les prisons de ce pays, et dont l’augmentation spectaculaire en vingt ans est la conséquence directe de la prohibition, lorsqu’elle fonctionne à plein régime ; ce qui se fait en général, au détriment de la poursuite de nombreux autres crimes et délits, qui dès lors sont minorés ou ignorés.
- La prohibition contribue aussi à la destruction de l’environnement, aux gaspillages d’énergies, aussi bien dans les méthodes de production clandestines, qui saccagent de nombreux espaces boisés et empoisonne ces terres, tout autant que dans la manière de lutter contre les plantations illégales ; comme ce fut le cas avec le Plan Colombie avec ses fumigations à haute altitude, faites à base du glyphosate du Round Up, ce qui crée des ravages considérables dans toutes la jungle, hommes et animaux compris, sauf sur la coca, du moment où les feuilles ont été arrachées immédiatement après l’épandage ; enfin, le défoliant modifie la structure ADN de la plante, ce qui permet aux pieds de coca de repousser plus touffu et bien plus vigoureusement.
La prohibition est un désastre sans fin
La liste de ses méfaits est longue, bien trop longue, presque sans fin, et chacune de ces conséquences mériteraient un développement circonstancié, qu’une simple citation dans une liste de catastrophes, aussi bien pour l’homme, les animaux que pour la planète, qu’il serait impossible de détailler dans un simple discours. Enfin, tous ceux qui penseraient être épargnés par la prohibition, ont tort de ne pas se croire concernés, car tous les jours, ils subissent une part des nombreuses conséquences négatives énumérées ci-dessus, qui à la longue, leur font renoncer à des droits essentiels, de liberté, d’égalité et démocratie, au nom de la sacro-sainte sécurité. Tout homme sur cette terre est désormais une victime, à de nombreux titres, des conséquences de ce régime prohibitionniste mondialisé. Ce qui en fait un système unique dans l’histoire, sans que jamais l’avis des peuples n’ait été entendus ou consultés, et qui s’est imposé par le sommet des nations, par des conférences internationales, pour redescendre au niveau des nations, et ensuite toucher tous les peuples et tous les individus.
La prohibition est un crime contre l’Humanité.
Il faut agir sur l’opinion publique
Comme le dit le Tao : « Plus il y a de règlement et de prohibition, plus la criminalité augmente et plus le peuple s’appauvrit ». Une réflexion qui date de plus de 2000 ans et qui est plus que jamais d’actualité.
La prohibition est une régression de la civilisation, et un retour à des valeurs barbares, où la loi du plus fort s’impose de fait.
Enfin, il ne s’agit pas que de critiquer, il faut aussi faire des propositions pour s’en sortir.
La loi doit être là pour réguler les choses et non point pour prohiber aveuglement, de sorte que les produits les plus dangereux ne soit pas accessibles aussi facilement que sous la prohibition, mais qu’il le soit néanmoins de manière raisonnable et suivant des critères qui dépendent des caractéristiques intrinsèques de chaque catégorie de produits. Surtout, il faut arrêter avec le trop de loi, qui étouffe les plus faibles et arrangent les affaires des plus aisés. La loi doit être simple, tolérante et comprise par tout le monde.
En tant que société évoluée, ou qui se veut telle, nous devons gérer nos usages des drogues par la seule régulation du marché, pour protéger les plus faibles et qui est la seule manière de se prémunir de ses éventuels méfaits, alors que les interdire nous amènent directement vers des régimes totalitaires qui n’auront rien à envier avec les régimes fascistes qui ont existé en Europe dans les années trente.
La prohibition est d’essence totalitaire.
Il nous faut le dire et le répéter, l’expliquer régulièrement autour de nous, pour faire changer en profondeur l’opinion publique, mais le jour où cette opinion publique sera derrière nous, avec raison, nous aurons alors gagné, et la prohibition n’aura plus qu’à s’effondrer.
Evidemment, celui qui m’a posé la question, un peu par provocation, ne pouvait se rendre compte — on fait tout pour le lui cacher — que combattre la prohibition est une nécessité vitale pour l’avenir démocratique de la planète. Dans le cas contraire, ne rien faire nous plongera directement dans un monde totalitaire qui s’avance jour après jour et en comparaison duquel le Big Brother de George Orwell ne sera plus qu’une agréable fantaisie.
Alain
Source :
Cannabis Sans Frontières