Salut,
La limite ne serait-elle pas liée au raccourcissement progressif des télomères au fil des mitoses successives?
La télomérase (qui permet de réparer une partie "non codante" en fin de brin d'ADN n'existe pour beaucoup d'espèces que chez les cellules sexuelles et quelques cellules souches. Du coup, à part pour ces cellules particulières, la longueur des télomères joue comme un compteur de reproduction cellulaire : ceux des cellules filles peuvent au mieux avoir la même longueur que la cellule mère. Et lorsqu'il y a eu trop de mitoses, l'ADN se retrouve "uncapped" sur un ou plusieurs chromosomes car tout le télomère a disparu, voir incomplet si il manque une partie d'ADN en plus du télomère.
Cela enclenche des processus de sauvegarde contre les mutations (réparation de l'ADN ou apoptose) qui évitent l'accumulation de mutations et sont une des protections les plus importantes contre le cancer chez l'homme. En effet, la lignée d'une cellule qui acquiert la capacité à produire de la télomérase, (et donc à arrêter son compteur de mitose), va pouvoir se reproduire infiniment, et donc accumuler les mutations nécessaires à la création d'une tumeur plus ou moins maligne avec dans le catalogue :
Absence de réponse au signaux d'apoptose (La plante ne peux plus "suicider" une cellule ou une zone)
mitoses spontanées (développement anarchique et rapide de la lignée cancéreuse)
angioplastie (création d'un système de vascularisation des tumeurs qui fait sauter la limite de taille des nodules non vascularisés)
Capacité de transport en libérant des individus colonisateurs (métastases) dans la circulation (sanguine chez les animaux)
Capacité de colonisation de nouveaux organes (fixation des métastases sur des organes intacts)
Bref, tout cela pour dire que le vieillissement cellulaire rend le caryotype instable.
Le bouturage ne permettant pas une remise à zéro du génome, les cellules vieillissent au sein des plantes mères, pour en assurer la croissance puis le renouvellement, sachant que chaque bouturage impose des phases de respécialisation cellulaire et de croissance de la nouvelle bouture.
Voilà pour le principe. Si quelqu'un a des données chiffrées sur le rythme ou le nombre de mitoses que le cannabis supporte avant que les mutations ne deviennent excessives, cela permettra de répondre à la question.
Les éléments dont je dispose :
On peut garder un PM plusieurs années, avec le record (dans ma sphère de connaissance) chez un pote : une mémère Skunk qu'il a gardé 19 ans avant qu'elle ne crève en se lançant dans une fabrication de racines aériennes sur toutes les branches.
Beaucoup passent les PM en flo au bout de 2-3 ans maxi, mais quelle est la part de lassitude du grower par rapport à la nécessité de renouvellement?
La difficulté, c'est que c'est des statistiques : il faut raisonner en probabilité de défaut au fil des mitoses.
Donc définir un risque acceptable, par exemple correspondant à 30 duplications cellulaires. Et voir le temps auquel cela correspond pour une phase de vie végétative dans le PM + les multiplications requises pour la croissance.
Le rythme de prises de bouture ne change rien (il ne fait pas vieillir les cellules dont la future bouture repart) mais peut servir d'indicateur d'âge pour savoir si on risque d'atteindre le nombre limite de mitoses que l'on s'est fixé, ou au-delà duquel la plante devient instable
A+
Ps :
Un article de 2007 sur le sujet :
https://www.agence-nationale-recherche.fr/projet-anr/?tx_lwmsuivibilan_pi2=ANR-07-BLAN-0068