Cependant, on n'aborde peu ou de manière non exhaustives les conséquences genre + ou - de toxicos ?
Le Portugal est un exemple encore plus frappant, ayant dépénalisé les drogues dures depuis 2001. L'évolution de la situation de santé publique pendant près de 10 ans a donc pu être observée dans les détails.
Et depuis la dépénalisation des drogues (y compris héroïne et cocaïne) au Portugal en 2001, le nombre d'usagers est resté stable.
Extrait d'un article de The Economist sur ce sujet:
“Cette crainte [des parents pour leur enfants, dans le contexte d'une légalisation] est fondée en grande partie sur la supposition que plus de personnes prennent des drogues en vertu d'un régime juridique. Cette présomption est peut-être fausse. Il n'y a pas de corrélation entre la dureté de la législation sur les drogues et l'incidence de la prise de drogue: les citoyens qui vivent sous des régimes sévères (notamment en Amérique, mais aussi en Grande-Bretagne) prennent plus de drogues, pas moins. Des guerriers de la drogue embarrassés rejettent le blâme sur les prétendues différences culturelles, mais même dans les pays assez similaires des règles sévères font peu de différence au regard du nombre de toxicomanes: la Suède sévère et la Norvège plus libérale ont précisément le même taux de dépendance.”
+ ou - de mafias ?
La dépénalisation ne peut rien contre les mafias puisqu'elles seules continuent à approvisionner le marché. En fait, la dépénalisation est plutôt positive pour les mafias, car cela diminue les risques pour leurs clients tout en leur permettant de conserver l'ensemble du marché. Mais il y a quand même un point positif à noter: le temps libéré pour les forces de l'ordre (à ne plus arrêter de fumeurs) est du temps gagné pour résoudre de vrai crimes.
La dépénalisation peut-être une étape politique pragmatique et positive par rapport au status-quo, mais ne résout pas les problèmes les plus importants de la prohibition. En revanche, la légalisation ne laisse que très peu de place aux trafiquants. Comme dit The Economist, il y aura toujours de gens pour essayer d'éviter les taxes ou régulations. Mais 95% du problème serait néanmoins résolu.
+ ou - de crimes ?
Avec la dépénalisation, le trafic pouvant continuer, la criminalité associée au trafic et à la territorialité des bandes criminelles n'a pas de raison de baisser. Le prix des produits restant identique, la criminalité causée par les usagers (vols, prostitution) pour financer leur habitude n'a pas non plus de raison de baisser significativement.
En revanche, un régime de légalisation 1) élimine la violence liée au trafic 2) permets comme pour le tabac et l'alcool de trouver un juste milieu, via les taxes, entre prix assez bas pour ne pas inciter au crime pour se fournir son produit, et prix assez élevé pour ne pas encourager à l'usage.
+ ou - d'adolescents en difficultés ?
Certaines personnes pensent qu'il est sage de penser que la légalisation augmenterait l'usage, particulièrement celui des personnes d'âge mûr (40 et +) qui ont souvent moins de proximité avec le marché des drogues illicites que les jeunes (ironie de la prohibition, sensée protéger la jeunesse!)
Concernant les jeunes, particulièrement dans les pays du Nord ou anglo-saxons, le fait qu'un commerçant vende de l'alcool ou du tabac à un mineur est très sévèrement puni. Il en serait de même pour les autres stupéfiants. Les dealers de leur côté sont peu intéressés à vérifier l'age de leur clientèle, aux dernières nouvelles.
Et finalement, au Portugal, depuis la décriminalisation, le nombre d'usagers de drogue est resté stable, mais ils ont été près de deux fois plus nombreux à accepter une aide médicale. Un résultat direct a été une chute énorme des taux de transmissions de MST et de décès dus à l'usage de drogue.
Mon argument en résumé : dans un régime de légalisation, le nombre total d'usagers pourrait augmenter, mais plutôt chez les adultes. En revanche, l'efficacité de l'aide médicale et la diminution des risques sanitaires, qui sont des faits confirmés, seraient plus positives pour la société qu'une hypothétique (car cela n'a pas été observé, mais il est bon de le garder à l'esprit comme une possibilité) augmentation du nombre d'usagers ne serait négative.
J'ai ouvert thread dans cette rubrique (législation et politique) pour un blog ou la plupart des arguments que j'ai utilisés ici sont mieux développés et "sourcés" par des articles de la presse généraliste ou scientifique. Je ne re-cite pas le nom il n'est pas dur à trouver.